LE CLIMAT POLAIRE

Ce qui fait l'originalité du monde polaire, c'est évidemment le froid intense et excessif, qui conditionne toute la vie. Le climat n'est pourtant pas le même au nord et au sud, ni dans toutes les régions de l'Arctique et de l'Antarctique.

Le froid intense

Pendant la saison la plus froide, qui dure d'octobre à mai dans l'Arctique et d'avril à novembre dans l'Antarctique, la température moyenne varie entre - 20° C et - 30° C. Mais ce n'est que la moyenne ! En effet, le termomètre peut parfois descendre jusqu'à - 70° C dans l'Arctique et - 90° C dans l'Antarctique ! Au cours d'une même journée, il est aussi possible que la température chute d'une vingtaine de degrés !

Les étés polaires

Pendant l'été, la température reste basse malgré le soleil. Dans l'Arctique, il arrive parfois que le thermomètre monte au-dessus de zéro ; les jours les plus chauds, il peut même atteindre les 7° C, une grande prouesse ! Mais le plus souvent, dans le grand Nord, il continue à geler durant tout l'été et les jours chauds sont rares.

En Antarctique, l'été commence en décembre et se termine en février. La température reste toujours en dessous de zéro. Au pôle Sud, le mois de janvier connaît une température moyenne de - 29° C.

Blizzard et brouillard

Tout ce froid est encore plus difficile à supporter quand le vent se lève. Le "purga" en Sibérie, le "blizzard" en Alaska et en Antarctique sont des ouragans violents et glacés qui soufflent en rafales de plusieurs centaines de kilomètres à l'heure. Il y arrachent au passage des minuscules particules de neige qui coupent la respiration et piquent le visage.
Le paysage disparaît alors dans une sorte d'immense brouillard blanc et le froid devient intense.
En été, lorsque les masses d'air froid entrent en contact avec la mer, plus chaude, d'épais brouillards se forment, recouvrant les côtes de la mer. Il faut attendre plusieurs jours avant que le brouillard ne se soit dissipé.

Le rythme des saisons

Toutes les régions de l'Arctique et de l'Antarctique vivent au même rythme saisonnier : un hiver long et rigoureux, où jours et nuits se succèdent sans que le soleil ne se lève, et un court été inondé de lumière et de vie. Là-bas, le mois de novembre est appelé "mois de la nuit" : c'est la grande nuit polaire qui commence, parfois illuminée par les draperies verdâtres d'une aurore boréale. La glace fige la mer et la terre.
Le printemps arrive en mai dans l'Arctique et en novembre dans l'Antarctique. Il semble très court dans son explosion de vie : la glace craque, la neige fond, les plantes bourgeonnent et le sol se couvre de marécages.
L'été vient enfin. Le soleil ne se couche plus. A minuit, il frôle lentement l'horizon, embrasant le paysage d'une lumière fantastique. Puis les jours raccourcissent, le gel réapparaît, les oiseaux migrent et peu à peu, la terre se réinstalle dans le long sommeil de l'hiver.

Les paysages du froid

Dans l'Antarctique, la glace recouvre le relief sous un désert immense et fascinant, blance à perte de vue. Seules émergent les crètes rocheuses des plus hauts sommets. Mais dans l'Arctique, le climat a dessiné des paysages variés dont le froid est le principal architecte.


voici une photo virtuelle représentant un paysage polaire que j'ai créée moi-même à l'aide du logiciel "Terragen".

L'héritage des grandes glaciations

A l'époque des hommes préhistoriques éxistait une énorme calotte de glace qui recouvrait tout le nord de la planète. Cette calotte a ensuite fondu progressivement lorsque le climat s'est réchauffé, mais elle a laissé partout son empreinte. Débarrassé des énormes glaciers qui l'écrasaient, le continent s'est lentement relevé.
Le long des côtes, les vallées glaciaires sont devenues les splendides fjords profonds et encaissés, aux eaux d'émeraude qui reflètent les montagnes. Les reliefs ont été rabotés et dénudés par la glace, sculptés de stries et de dômes, creusés de lacs. Les plaines sont jonchées de blocs de roche et d'ébloulis, les moraines, déposés là par les anciens glaciers.

La toundra tremblante

Le froid, le vent, la glace, l'alternance du gel et du dégel, les eaux de fonte des neiges continue à modeler les paysages et sols arctiques. L'été, seule la surface du sol se dégèle : le sous-sol, lui, reste sans-arrêt gelé. Tandis que les eaux de surface, ne pouvant s'écouler, stagnent dans les plaines qui se couvrent alors de marais, de lacs et de tourbières où le danger d'enlisement est très grand : c'est la "toundra tremblante".
Au début et à la fin de l'été, l'eau retenue dans les fissures des rochers passe du gel au dégel et du dégel au gel en l'espace d'une heure. Soumise à ces changements brutaux, la roche finit par se briser avec fraces et par s'émietter. Les vents violents d'hiver viendront alors balayer tous ces sables, limons et graviers, laissant bien peu de terre aux plantes pour qu'elles puissent s'enraciner.

Le royaume de la glace

Toutes les montagnes de l'Arctique, à partir de 900 m d'altitude, et même de 300 m en Sibérie, sont occupées par des glaciers de vallée qui s'écoulent lentement, comme des longs fleuves de glace.
En Alaska et au Groenland de grandes langues de glace confluent au pied des montagnes pour former des glaciers de piémont.
Dans l'Antarctique et au Groenland, il existe un troisème type de glacier : l'inlandsis, une énorme calotte de glace en forme de coupole qui noie tout le relief. L'épaisseur de cet inlandsis dépasse souvent les 2 000 m ! Seuls quelques sommets rocheux traversent cette carapace de glace. Les inlandsis sont recouverts de firn, une neige durcie et recristallisée où le vent sculpte les rides superficielles.

 

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